Nirvana/Drain You
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Auteurs : Olivier Pilarczyk
Editions : Le Mot et le reste
Collections : Solo |
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Parution : 25 sept 2008
Pagination : 69 pages
Format : 70 x 110 x 8 mm |
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ISBN : 9782915378696
Prix : 7 €
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Nirvana/Drain You
« Instant solennel, dans une boutique minuscule, vide malgré l’affluence des rues commerçantes. Un sac plastique à la main. Et dans l’emballage, en polyéthylène non dégradable, un album, le saint Graal, les tablettes de la Loi. Pas la loi du plus fort, celle du marketing triomphant, des j
Douce adolescence…
Plus qu’une simple apologie de Nirvana, comme le suggère le titre
de l’ouvrage, Drain You est une tranche de vie. Celle d’un adolescent,
comme les autres, qui se cherche, qui doute, et qui a des potes et des petites
nanas si impressionnantes autour de lui. Il y a aussi les cours à la
fac, l’importance du look : « Ma tronche fait une tache sur
le miroir. Je passe un peu d’eau sur mon visage. Je colle du gel dans
mes cheveux, pour faire tenir ma brosse américaine. Personne n’est
coiffé comme ça, autour de moi. Ca me plaît. J’enfile
mon jean, un tee-shirt noir, et mes rangers. Les rangers, ça fait loucher
les mecs. J’ai l’air d’un facho. Les filles ont peur de moi.
Ca tombe bien, j’ai peur d’elles. Je les regarde de loin. L’amour
c’est pas pour moi. Je suis une sorte de poète maudit. Comme Maldoror.
Ne m’approchez pas. Restez à distance. » Notre jeune
narrateur ne cesse de se trouver ridicule et fragile, mais pourtant il est impossible
pour le lecteur de se moquer de lui à un seul instant. La sincérité
dans la retranscription de cette période que tout le monde a connue apporte
une fraîcheur au récit.
Le regard de ce jeune sur la société des années 90 fait
sourire et nous ramène nous aussi à nos souvenirs… Mais
il y autre chose. Notre adolescent rebelle reste juste dans ses propos, il ne
verse pas dans le cliché et laisse juste parler sa jeunesse. Les récits
de concerts, de rassemblements étudiants sont racontés d’une
manière vivante, et nous nous retrouvons propulsé quelques années
en arrière : « Jospin t’es foutu, la jeunesse est dans
la rue ! On voit bien qu’on est en France. Même la rage se dit en
alexandrins. Jospin c’est ce type coiffé comme Pierre Richard,
mais nettement moins drôle. Il paraît qu’il est ministre et
qu’il veut foutre le feu à la fac. Ca mérite une bonne manif.
Et puis c’est l’occasion de sécher les cours. »
Ce court roman respire la fougue de la jeunesse, mais une autre passion l’anime
: la musique…
Les années punk rock
C’est le témoignage d’une époque que nous avons
là, tout du moins par son côté culturel. Des références
musicales parsèment le livre : Simple Minds, Depeche Mode, The Cure,
les Sex Pistols, les Clash... Notre narrateur est porté vers les sons
rock, rudes, mais est à la recherche d’autre chose. Et comme pour
le narguer, des airs entrent dans sa petite vie, qui s’échappent,
toujours : « C’est quoi ce truc ? C’est trash, mais c‘est
pas mal. Quand même, c’est violent, ils passent pas ça d’habitude
sur Fun Radio. Le refrain est bien. Hé, c’est carrément
mélodique pour du métal. Dingue. […] C’était
quoi ce groupe ? Ils le disent pas. Dommage. Jamais entendu un truc pareil.
» Mais heureusement, les copains sont là pour éclairer
sa lanterne et il découvre Nirvana. Ses tubes, le look grunge de Kurt.
Smells like teen spirit. Et les paroles en viennent même à rythmer
sa vie, l’accompagnent quand il est en cours, avec ses amis. Elles ne
cessent de trotter dans sa tête. Le jeune est séduit, mais pas
au bout de ses surprises devant le talent de Cobain et de sa troupe : «
- Merde, c’est Nirvana, ça ?
-Ben oui. Mais en acoustique. T’en penses quoi ? » Ce que j’en
pense ? C’est … beau. Cette chanson est magnifique. »
C’est sa première écoute de « Polly », «
une simple voix posée sur une guitare ». Le lecteur fan
de Nirvana ne peut s’empêcher de repenser à ses premières
écoutes du groupe…
Mais notre adolescent garde son fond rebelle et on ne peut s’empêcher
de sourire face à son besoin de « copier » l’image
trash de son idole, quand il décide d’écrire sa première
chronique : « Il paraît que le chanteur veut casser son image
de star. Alors je me suis dit que je pouvais l’aider. Et j’ai écrit
ça : Les mythes du rock m’épuisent. Pourquoi Donald Cobain
ne s’est pas fait castrer par une scie sauteuse, pourquoi Wendy O’Connor
n’a-t-elle pas épousé le gérant du Burger King de
Seattle, ça reste un mystère. Toujours est-il qu’un
soir où ils n’avaient vraiment que ça à foutre, leur
misérable baisouille a engendré la plus ridicule des rock stars
: Kurt Cobain. » Il va ensuite beaucoup plus loin en traitant ses tubes
de « musique atroce » avec la suite de sa chronique.
L’ombre de l’adulte qu’est devenu Olivier Pilarczyk ne peut
alors s’empêcher de commenter : « Je relirai ça
dans quinze ans. Si ça me fait toujours rire, c’est que je ne suis
pas devenu un vieux con. » Rassurez-vous, Olivier, avec une telle
fraîcheur dans ce récit, c’est sûr, vous avez bien
gardé votre âme d’ado !
Rapport Qualité / Prix :
Petit roman passionnant et petit prix.
Public Concerné :
Les fans de Nirvana, mais pas seulement. Ce court récit est un régal. Le monde de l’adolescence est abordé avec un humour et une légèreté rares.
Les +
L’auteur a su rendre son texte vivant. On se retrouve tout droit plongé dans les années 90, et on retrouve notre âme d’adolescent !
Un livre court, un style qui accroche. On dévore le livre
Les -
Rien à signaler de négati
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critique et chronique du livre réalisées par
Anne-Sophie le 02 janv 2009
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