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Ce Céline de Sollers, paru en octobre dernier,s’adresse avant tout à ceux qui ont lu Céline mais surtout à ceux qui en n'ont qu’une connaissance partielle. Ce sont treize articles - ‘le rire de Céline, Stratégie de Céline, Céline au clavier, Imprésentable pour l’éternité, Naissance de Céline, Céline bouc émissaire, les vies de Céline, « L’opéra est le naturel », les Danois ont-ils sauvé Céline, Céline en enfer, les « rentiers de l’horreur », « Tout doit être brutal »- parus dans le magazine littéraire, les Cahiers de l’Herne, le Monde, le magazine des livres ….soumis à notre propre réflexion sur l’auteur si contesté.
Sollers nous offre un décryptage de l’écrivain en nous donnant sa propre grille de lecture dans un but tout simple, résumé en une phrase dans la dernière ligne de l’ouvrage « le moment est donc venu de relire Céline de fond en comble »
Que faut-il retenir de cette « compilation » ?
D’abord que Céline fait l’objet d’une lecture permanente de la part de Sollers. Il lui consacre en 63, deux ans après sa mort, son premier texte dans les Cahiers de l’Herne. Dans ce texte de jeunesse, il parle de la découverte de ce qu’on appelle la trilogie allemande :
« Je me rappelle très bien le choc que fut la découverte de « D’un château l’autre "en 57 ou "Nord"en 60 avant même de lire ces ouvrages dans leur intégralité. Dès la publication d’ extraits dans
Un autre fil conducteur sur lequel Sollers revient, à plusieurs reprises, est le sens du comique de l’écrivain Il cite en exemple les "Entretiens avec le professeur Y "
« Céline ne parle pas beaucoup de Molière mais les "Entretiens avec le Professeur Y " est un dialogue digne du meilleur Molière. De façon générale, qui ne s’amuse pas en lisant Céline , malgré la noirceur du propos , n’y comprend rien . De celui-là, je dirais et ce n’est pas une plaisanterie qu’il est sourd. »
Enfin, impossible de parler de Céline sans parler de sa langue. Cette écriture « électrique », incomparable qui transparaît dans toutes ses productions, romans mais aussi lettres - Sollers qualifie Céline d’épistolier de génie- et qui fait de lui un écrivain essentiel
« Si nous devions retenir qu’une chose de Céline, ce serait le "rendu émotif interne". Je sais que cela prendra encore un siècle ou deux, mais il faut le débarrasser de ses oripeaux, de ses déguisements de fou vociférant et, cela va de soi, de son antisémitisme. »
Pour quiconque s’intéresse de près ou de loin à cet auteur, c’est un ouvrage indispensable par la qualité et la justesse de l’analyse, de l’argumentation et des références littéraires.
Point de vue d'un écrivain sur un autre écrivain
Originalité du point de vue et qualité de la démonstration nourrie de nombreuses références littéraires
Démonstration par fragments puisqu'il s'agit d'une compilation de textes










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