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Un jour de rentrée scolaire à la fin des années 80. Une amitié se crée entre deux adolescentes, Victoire et Cassandre. L’histoire pourrait être banale. Et pourtant…
Victoire a 15 ans et survit tant bien que mal dans un univers familial plutôt désastreux : entre une mère alcoolique et irresponsable, un géniteur inconnu, un demi-frère absent et un beau-père trop câlin…
Victoire fume et boit. Victoire se prostitue. Ce job, elle en est convaincue, c’est la continuité logique de sa vie.
« L’activité incluait toujours une part de rejet de soi-même, un dégoût des autres. Et sous les maillons d’armure, l’insoupçonnable, une amertume envers le monde entier. »
Chaque matin, elle retrouve Cassandre, Lina et Annabelle, au Café des rendez-vous. Ces quatre ‘fleurs des nuits’ s’y racontent leurs passes, échangent quelques ‘tuyaux’ et se motivent ensemble pour se rendre au lycée, presque comme si de rien n’était.
Lina était la première à avoir goûté à l’argent facile de la prostitution et avait peu à peu convaincu ses amies d’adopter ce mode de vie.
Fragiles et sans repère, elles avaient alors renoncé à l’innocence. Antidépresseurs, alcool, drogue… tout était bon pour maintenir l’illusion, rendre la réalité plus supportable.
Des « produits de consommation », des « objets », des « joujoux de riches », c’est ainsi qu’elles se définissent.
A 15 ans et dans le plus grand secret, pour ces quatre adolescentes, l’amour était devenu un job…
On visualise sans peine les personnages de ce roman, tant les descriptions de l’auteur sont fouillées : « Une madone grimée aux lèvres pulpeuses, au nez fin à l’arête un brin cassé. Ses gestes s’articulaient comme autant d’affirmations. Ses yeux surtout, deux émeraudes, expulsaient son caractère. Une palette les enflammait, des nuances virginales à la perversité. Une extraversion les dominait, les sublimait. Ils dynamitaient les non-dits, désorientaient, oppressaient, en arme de précision rodée sous leurs sourcils bien dessinés. Leur cynisme était cuisant. Il perçait le masque trop pointu de son maquillage.
La fille en noir était belle. Volcanique. »
Atypique, bouleversant, dérangeant parfois…, ce livre nous emmène dans les méandres d’une douloureuse réalité, celle de la prostitution adolescente.
Du bout de sa plume percutante, poétique et métaphorique à souhait, Lotis nous peint le portrait de quatre adolescentes à la dérive, de leurs amitiés épineuses, de leur avenir aux contours sombres. Elle nous plonge sans ménagement dans le milieu pervers et humiliant dans lequel les quatre jeunes filles se sont peu à peu emprisonnées, par hasard, pour fuir une vie dont elles ne voulaient plus.
Et puis il y a cette histoire d’amour qui semble à la fois impossible et impensable…
Une jolie fleur… est le premier volet d’une trilogie qui ne vous laissera pas indifférent.
Mélina Hoffmann
Une véritable qualité d’écriture et une recherche dans le vocabulaire et le style.
Un style de narration original et convaincant qui alterne récit et dialogues.
Des personnages marquants aux personnalités bien trempées.
On s’emmêle parfois un peu les pinceaux entre les différents personnages, notamment dans les passages de dialogues.
Une couverture qui s’abîme très vite… et donc un livre qui supporte mal les transports en sac à main !









Lecteur
le sujet sensible et malheureusement d'actualité m'incite à l'effeuiller avec toute la délicatesse que cette plume mérite ^^